Référendum : Les politiques en campagne dans les universités et grandes écoles
Les étudiants, coeur de cible
Maïté Sélignan , 17 mai 2005
(extrait)
Daniel Cohn-Bendit, Michel Barnier et Miguel Moratinos (ministre espagnol des Affaires étrangères) à la Sorbonne, le jeudi 9 mai à 18 heures.
En arrivant, Daniel Cohn-Bendit est plein d’espoir : « 40% des gens ne savent pas pour qui ils vont voter », dit-il aux journalistes, dans le hall. Dans les couloirs aussi, les étudiants attendent beaucoup du débat. Emily et Sabine sont trois étudiantes allemandes qui voteraient « oui » si la voie référendaire leur était proposée (en Allemagne, le Bundesrat votera avant l’été, NDLR). Pour elles, Cohn-Bendit « représente l’Europe ». Selon ces étudiantes, âgées de 21 à 24 ans, « l’Union européenne devient plus politique, plus compréhensible avec cette constitution. Cette dernière est plus efficace que les autres traités ».
La salle est petite pour un débat de cette ampleur. Un peu plus de 300 personnes y tiennent assises. Ce jour-là, les intervenants ne se frottent pas à un public convaincu. Les jeunes s’inquiètent du peu de budget alloué aux projets économiques à long terme, de la mort du fédéralisme, due à l’élargissement, du prix à payer pour donner une entité politique à l’Europe, de la politique d’immigration, de la politique étrangère commune. La question d’une étudiante, regrettant que l’université n’autorise pas les débats pour le non fait murmurer la salle. Michel Barnier et Daniel Cohn-Bendit s’en indignent aussi et insistent pour que ce débat ait lieu. A la sortie, Sabrina, 23 ans, a trouvé la rencontre très enrichissante : « En entrant, j’étais indécise, mais je penchais plutôt pour le non. J’ai été sensible à leurs arguments, mais je vais aller à un meeting pour le non avant de me décider. » |